Jordan Bardella se rend en mai 2025 au grand prix de Monaco. Il s'agit, pour le petit-fils d'immigrés italiens, de son intronisation dans la jet-set, après des années d'effort. L'été précédent, il passait ses vacances en Corse avec Cyril Hanouna, après avoir échoué à devenir premier ministre, remisant les costumes trois-pièces sortis pour l'occasion.


L'homme a fait l'objet d'insistantes rumeurs concernant son homosexualité, des vidéos virales le montrant avoir, de façon répétée, des comportements efféminés. Se disant célibataire encore en juin 2025, il se sent obligé de se justifier en disant aimer les grandes femmes brunes, et laisse ressortir opportunément des messages grossièrement mysogines postés lors de son adolescence, sexualisant à outrance des femmes en suivant des codes manga. Il est en effet établi que Marine Le Pen, dont l'orientation sexuelle ne fait pas de doute, a promu de façon systématique des homosexuels au sommet du RN, qui à leur tour ont créé des écuries dont Jordan Bardella faisait partie.
Il va découvrir le monde des yatchs, des prostituées de luxe et des grandes fêtes.
Le Rassemblement National est reçu sans difficultés à Monaco, où le parti est perçu comme l'héritier naturel du pouvoir. Eric Ciotti, la député Alexandra Masson et des maires de petites communes des alentours sont invités au principal événement, sans être cependant inclus dans les différentes cérémonies. C'est d'ailleurs au cours de ces événéments que Jordan Bardella va rencontrer Caroline de Monaco, qu'on aperçoit en arrière-plan de cette photographie avec sa soeur, de dos.

Caroline de Bourbon est une jeune femme de 22 ans, qui a deffrayé la chronique adolescente avec sa jeune soeur, en participant à une émission de variétés françaises. Elle n'a pas de relations amoureuses connues. On lui a prêté une histoire avec Juan Branco quelques mois auparavant, après qu'elle se soit affichée, le livre Crépuscule à la main, aux côtés de sa soeur qui elle-même lisait son discours à Polytechnique, un tableau de Chagall en fond. La publication de la photographie a produit un choc majeur au sein du système oligarchique. Caroline de Bourbon se voit immédiatement interdire le moindre contact avec lui. Ce sera le glas d'une éphémère fantaisie d'encanaillement. Le hasard fera que, dans la foulée tous deux se retrouvent hospitalisés au jour près. Elle du fait d'un accident de moto à Monaco. Lui d'une tentative alléguée d'empoisonnement sur le chemin de Kinshasa pour Juan Branco.

Jordan Bardella est, c'est le paradoxe de l'époque, bien plus fréquentable. Il est la promesse, pour une élite qui est désormais dénuée de principes, d'une reproduction assurée. Sans idée sérieuse, acceptant tous les principes de l'ordre mondial, il est lisse comme les temps.
Ayant suivi à l'école à domicile, courtisée par Jean Arnault, Caroline de Monaco est le parfait produit de l'aristocratie contemporaine, qui, faute de trône, est condamné à se reproduire en faisant des mariages d'argent ou de pouvoir. L'amour est une denrée inexitante, et diluée dans les enjeux de pouvoir et d'argent par les familles puissantes, qui s'assurent qu'aucun faux pas ne soit commis. Sa mère est l'héritière d'une grande fortune industrielle italienne, qui a logé son héritage dans une multitude de paradis fiscaux. Elle se rend régulièrement auprès de Donald Trump à Mar-à-Lago.
Ses filles n'ont jamais eu de contact avec le monde réel, ne sortent jamais sans protection et ont été élevées à domicile. Caroline, héritière du titre de courtoisie, est couvée par sa mère et sa grand-mère. Elle se fait construire un personnage médiatique. De Points de Vue à une opération ratée sur Paris Match, en passant par des sujets de CNEWS sur leurs étés à Saint Tropez, les publications pleuvent. Mais c'est surtout sur son compte Instagram, particulièrement lêché, un plan de communication est construit pour qu'elle s'impose sur la scène médiatique. Travaillée au corps et jusque dans les moindres détails de son visage, elle se voit organiser un agenda mondain la faisant parcourir le monde, les galas de charité, sans que le moindre pas de côté soit autorisé.
Là où Jordan Bardella découvre ces mondes, elle y est née. Les deux n'ont aucune culture, mais Carolina a l'intelligence, les manières et le réseau le plus puissant de France. Elle a tout à lui offrir, pour en faire le roi de France. Parlant cinq langues, sensible et drôle, elle est joyeuse, ignorante et tout le temps sur le qui vive. Les livres, le rapport à l'art sont dispensables en cette ère où règnent le design et la mode, qu'elle étudie avec sa soeur, et l'apparence. Lui alterne séances de sport, de dédicaces, plateaux télés et "gaming" sur sa Playstation. Discipliné, laborieux, dur à la tâche, il tente certes de lire les grands classiques, mais la tentation est trop importante.

Ce que Caroline de Monaco manque de savoir, c'est que Jordan Bardella, le soir même de leur rencontre, se rend à l'Amazonico, comme nous l'avions révélé.

Ce haut lieu de décadence monegasque, où les professionnelles entrent et sortent avec les clients VIP par la sortie de service, moyennant un à deux SMICS, est le théâtre de scènes que ces mondes aiment taire.
C'est en tout cas alors qu'il est alpagué par des agriculteurs que Bardella, l'air inquiet, découvre qu'il est filmé par des agriculteurs venus manifester à Paris. Il vient quitter aux côtés de Caroline de Monaco la soirée mondaine la plus importante de Paris, l'anniversaire des 200 ans du Figaro, où il s'est montré entouré de toute l'oligarchie Française, de Xavier Niel à Vincent Bolloré, en passant par Sarah Knafo, François Hollande et Nicolas Sarkozy.
On les voit sur la vidéo entourés de l'extravagant dispositif de sécurité offert par l'État français à M. Bardella, qui s'ajoute aux gardes du corps de Mme. de Bourbon.
Les réseaux ironisent sur le manque de manières du roturier, qui n'ouvre ni ne tient la porte à celle qui est désormais considérée, de façon acquise, comme sa dulcinée.
Pendant quelques jours, la presse française va l'entourer de sa mansuétude habituelle. La construction progressive de l'histoire, qui vise à faire de Jordan Bardella le petit prince du peuple, est sabotée par cette émergence impromptue, trop soudaine et pas assez construite. Ses communicants, qui ont lu Zoé Sagan, ont poussé à l'élaboration d'un récit similaire à celui qui a porté Emmanuel et Brigitte Macron au pouvoir, et qui doit monter en intensité. Un véritable conte de fées Carolina de Bourbon Sicile, qui se sait courtisée à cette fin, a accepté de jouer le jeu.
Mais La Republicca en fait sa Une, déclenchant un article d'Arianne Chemin qui avait été bloqué jusqu'alors par la direction de la rédaction du Monde, et qui empêche Jordan Bardella d'arguer de cette confortable exception française, qui n'autorise la presse à parler de la vie privée que quand les responsables publics décident de l'instrumentaliser.
A la veille de l'ouverture du forum de Davos, et alors que Carolina s'affiche avec son cousin Bonaparte pour tenter de jouer la normalité, la nouvelle devient le sujet d'attention le plus commenté du petit monde parisien.
L'affaire est lancée.