A quoi nous fait penser la fin de Marty Supreme ? A une formule d'un homme qui, n'ayant pas d'âme, aurait pioché dans une encyclopédie extraterrestre afin d'obtenir un élément définitionnel de l'âme humaine.

Après une traversée de deux heures ne laissant voir que fourberies et topologies auto-antisémites particulièrement désagréabels, M. Safdie achève son film avec Timothée Chalamet sur un champ-contre champ avec un enfant venant de naître, censé être le sien.

Il n'est nul doute que M. Safdie, ou du moins son chef opérateur Darius Khondji, sont des esthètes et des virtuoses, dont au moins le premier est visiblement sans culture, jouant de tropes permanentes pour justifier que son regard se pose sur des êtres humains dénués de toute bonté, et en réalité, de toute qualité.

Autoréférentiel, l'oeuvre n'offre aucune ouverture vers une quelconque forme d'extériorité créative ou artistique, si ce n'est une vague référence au cinéma hollywoodien de l'entre-deux guerres, reposant sur une bande-son inversement paresseuse aux efforts faits par son acteur principal pour exister.

Il n'est nul doute que M. Chalamet a trouvé là oeuvre autofictionnel à son pied, lui permettant, à peine la trentaine entamée, d'avoir un film tout à la gloire de l'escroquerie que constitue sa carrière et son ascension au sommet d'une civilisation qui signe là sa décadence.

Il n'y a pas grand chose à dire au-delà de ces faits, si ce n'est que le film respire les millions, bénéficie de décors particulièrement soignés, et d'un montage, d'une lumière incontestable, comme tous ces grands budgets.

Film à oscars, vide toute pensée, nous lui souhaitons d'être consacré.

Partager cet article
Le lien a été copié !