Patrick Thiébart, avocat du puissant cabinet d'affaires Jeantet, filmait le sexe de ses jeunes stagiaires et collaboratrices sans leur consentement.
Condamné à une peine de prison définitive, il n'a été sanctionné qu'à deux mois fermes par le barreau de Paris.
Le mandat du bâtonnier Pierre Hoffman, sous lequel la sanction a été prise, aura été marqué par une multiplication de scandales.
Il aura offert une impunité absolue aux avocats d'affaire impliqués dans des violations graves de la loi et de la déontologie, promouvant Xavier Niel malgré ses condamnations passées pour blanchiment de proxénétisme, multipliant les alliances avec des entreprises en violation des dispositions législatives en matière d'intelligence artificielle, protégeant les cabinets Pardo et Szpiner, englués dans des scandales de corruption atteignant pour le premier jusqu'à plusieurs milliards d'euros...
Pour la première fois de son histoire, le Barreau de Paris se sera prêté à de grossières instrumentalisations politiques, persécutant par exemple Juan Branco pour l'usage d'une enveloppe noire, et autres billevesées, suscitant une mobilisation internationale en sa faveur.
C'est bien sûr le traitement de Nicolas Sarkozy qui restera comme la plus importante tâche de son mandat: condamné pénalement à deux reprises à titre définitif, emprisonné, celui-ci n'aura fait l'objet d'aucune poursuite déontologique ou disciplinaire, continuant à exercer en toute quiétude.
Inscrit au barreau de Paris, ce qui lui permet d'engranger des millions d'euros de revenus annuels sans aucun contrôle réel de la part des institutions, profitant du secret professionnel, Nicolas Sarkozy n'a jamais été un avocat, au sens habituel du terme.
Apporteur d'affaires, il aura pourtant été de bout en bout protégé par une institution dont la légitimité ne peut désormais qu'interroger.